jeudi 9 février 2012

*** Moi je crois pas !


 @Giovanni Cittadini Cesi

Catherine Hiegel et Pierre Arditi, dirigés par Charles Tordjman, se disputent avec une émouvante tendresse dans Moi je crois pas ! de Jean-Claude Grumberg. A voir au Théâtre du Rond-Point.

Après avoir applaudi Pippo Delbono (Dopo la Battaglia) il y a deux semaines et avant de découvrir Emma Dante (La Trilogia Degli Occhiali) dans quelques jours, j’étais encore ce soir au Rond-Point. Certains de mes amis ricanent « Encore au Rond-Point ? Y a d’autres théâtres dans Paris, tu sais ! ». Oui, je sais… Mais, je n’y peux rien ! En plus d’être à 10 minutes de chez moi (un argument qui compte, surtout en hiver), le théâtre de Jean-Michel Ribes propose une programmation éclectique qui me ravit. Entre les créations de deux génies italiens sulfureux, je me suis donc offert hier soir avec ma maman une formidable comédie française interprétée par deux monstres sacrés (expression galvaudée, mais ici totalement justifiée) : Catherine Hiegel et Pierre Arditi.

De quoi est-il question dans Moi je crois pas ! ? D’un couple, sans âge, qui ne cesse de se contredire. Il ne croit pas. Elle, elle croit. Hormis la première scène qui ne m’a pas fait rire (il ne croit pas que « les fayots fassent péter » ; Elle, elle le croit / mais c’est sans doute mon côté coincé), la pièce de Grumberg m’a totalement séduite tant par son humour absurde et ses bons mots que par sa sensibilité. Au fur et à mesure que les scènes s’enchaînent (et que les disputent s’accumulent) on ressent, non pas une animosité, mais au contraire, une infinie tendresse entre cet homme et cette femme qui semblent se chamailler pour ne pas avoir à s’avouer qu’ils s’aiment.

Après Vers toi, Terre promise que j’avais adoré, le duo Grumberg/Tordjman nous offre un nouveau petit bijou théâtral. Il parait que Charles Tordjman (dont la mise en scène, toute en sobriété de Moi je crois pas !, sublime le texte et le jeu des acteurs) travaille sur un nouveau texte de Grumberg. Vivement leur nouvelle pièce !

Moi je crois pas (1h10) de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Charles Tordjman. Au Théâtre du Rond-Point, jusqu’au 24 mars. www.theatredurondpoint.fr

mercredi 8 février 2012

News – Camille joue Ibsen


 @Jeremiah
Camille est pour moi la plus grande artiste française contemporaine. Son dernier album est un bijou, un trésor. En attendant de la voir sur scène en mai au Trianon interpréter les merveilles de Ilo Veyou, j’ai très envie de la découvrir au théâtre dans une pièce d’un auteur que j’adore, le norvégien Henrik Ibsen, et que je n’a jamais vu montée : La Dame de la mer. En plus d’y signer la création musicale, Camille y interprète le rôle titre, celui d’Elida, une femme mariée à un homme aimant mais qui reste hantée par le souvenir d’un amour passé.
La Dame de la mer d’Henrik Ibsen, mise en scène de Claude Baqué. Au Théâtre des Bouffes du Nord, du 28 fév au 17 mars. www.bouffesdunord.com

dimanche 5 février 2012

* Le Bourgeois Gentilhomme


 @Mirco Magliocca

Malgré des critiques élogieuses, Le Bourgeois Gentilhomme de Catherine Hiegel ne m’a convaincue. Dommage…. Car le spectacle, porté par un François Morel épatant, commence plutôt très bien.
                              
20h. Arrivée au Théâtre de la Porte Saint-Martin. La dernière fois que je suis venue, c’était en septembre pour découvrir Le Songe d’une nuit d’été mis en scène par Nicolas Briançon. Je n’avais pas du tout aimé. Qu’importe ce mauvais souvenir, ce soir je suis là pour voir François Morel (que j’adore) interpréter Monsieur Jourdain sous la direction de la grande Catherine Hiegel. J’en suis sûre, je vais passer une très bonne soirée.

21h30. Entracte. « Allo, maman (qui garde mon petit chou quand je suis au théâtre), Comment va Joseph ? » « Super bien ma chérie ! Il dort. Et vous, vous passez une bonne soirée ? » « Excellente ! François Morel est incroyable. Il faut absolument que tu vois cette pièce. C’est génial. Je n’ai pas autant ri depuis longtemps ».

23h30. Retour à la maison. Ma mère : « La pièce se joue jusqu’à quand ? Je vais vite prendre des places. J’ai lu partout que c’était formidable. « Euh… Ne t’emballe pas maman… En fait, on n’a pas trop aimé » « ??? Mais ????  »

Oui maman, c’est un peu étrange comme sentiment, mais autant j’ai adoré la première partie de cette comédie-ballet de Molière et Lully autant j’ai totalement été hermétique à la seconde. Pour tout dire, j’ai eu le sentiment, après l’entracte, d’assister à une mauvaise pièce de boulevard. Molière était un auteur de comédies et ses pièces avaient pour but de divertir un roi et une cour plus « bon public » qu’esthètes. J’en conviens et comprends parfaitement le parti-pris de Catherine Hiegel. Le seul problème, c’est que les effets comiques sa turquerie ne m'ont pas fait rire du tout.

Autant j’ai trouvé François Morel malicieux, enfantin et touchant au début de la représentation, autant je l’ai trouvé ridicule lorsqu’il apparait  nu (enfin presque) à la fin devant le public. De même, je n’ai pas aimé le jeu, volontairement surjoué, d’Héloïse Wagner (Dorimène). Dommage… car Alain Pralon, (en maître de philosophie),  Marie-Armelle Deguy (en Madame Jourdain), Emmanuel Noblet (en Dorante) sont formidables. Dommage surtout… car François Morel est, sans aucun doute, l’un des meilleurs Monsieur Jourdain que j’ai eu la chance de voir au Théâtre.

Le Bourgeois Gentilhomme (3h) de Molière et Lully, mise en scène de Catherine Hiegel. Au Théâtre de la Porte Saint-Martin, jusqu’au 27 mai. www.portestmartin.com

vendredi 3 février 2012

Mon agenda de février


 Vibrations/Cie 14:20@DR

Où va-t-on ce mois-ci au théâtre ? Petite sélection des lieux qui accueillent des pièces que j'ai aimées ou que je voudrais voir. En février, je vais...

… Au Théâtre de la Ville pour la reprise d’Extinction de Thomas Bernhard. Avec Serge Merlin, dirigé par Alain Françon, parait-il prodigieux. Les 4 et 5 fév. www.theatredelaville-paris.com

… Au Théâtre du Rond-Point pour écouter Pierre Arditi et Catherine Hiegel, mis en scène par Charles Tordjman, se disputer dans Moi, je crois pas ! de Jean-Claude Grumberg. Parce que j’avais adoré Vers toi Terre promise la précédente collaboration Grumberg/Tordjman. Du 4 fév. au 25 mars. Et pour découvrir  les trois courtes pièces de la sulfureuse Emma Dante réunies dans La Trilogie des lunettes. Parce que ses précédents spectacles, Le Pulle et mPalermo ne m'avaient pas laissé indifférente. Du  3 au 19 fév. www.theatredurondpoint.fr

… Au Théâtre Montparnasse pour revoir Michel Jonasz dans son sublime seul en scène Abraham (http://unsoirautheatre.blogspot.com/2009/09/michel-jonasz-abraham.html). Parce que je suis heureuse que ce spectacle, créé en septembre 2009, connaisse un si joli succès. A partir du 5 fév. www.theatremontparnasse.com

… Au Théâtre de l’Ouest Parisien (Boulogne) pour redécouvrir l’Epreuve de Marivaux dans une mise en scène de Clément Hervieu-Léger (de la Comédie française). Du 8 au 12 fév. www.top-bb.fr

… Aux Folies Bergères pour voir Alex Lutz sur scène. Parce que ce jeune humoriste sait imiter les ados comme personne. Du 11 au 14 fév. www.foliesbergere.com

… A Chaillot, pour Vibrations de la Compagnie 14 :20, parce qu’après le « nouveau cirque », je suis curieuse de découvrir la « nouvelle magie ». Du 14 au 17 fév. http://theatre-chaillot.fr

... Aux Bouffes du Nord pour voir la divine chanteuse Camille au théâtre dans La dame de la mer, une pièce d'un auteur que j'adore, Ibsen. Du 28 fév au 17 mars. www.bouffesdunord.com

… A la MC 93 (Bobigny) pour la poursuite du festival pluridisciplinaire Le Standard idéal qui met à l’honneur le meilleur de la création internationale (Allemagne, Espagne, Hongrie, Portugal…). Jusqu’au 13 fév. www.mc93.com

Et aussi, et toujours…
A l’Espace chapiteaux de la Villette, This is The End (jusqu'au 12-02) ; Au Théâtre 13, A mon âge, je me cache encore pour fumer (Jusqu'au 19-02) ; A la Comédie française, La Trilogie de la Villégiature (jusqu'au 12-03) ; Au Théâtre Montparnasse, Pensées secrètes (jusqu’au 25-2) ; A La Pépipinière Théâtre, Rose (jusqu’au 30-3) ; A Marigny, Biyouna ! (jusqu’au 31-3) ; A la Comédie des Champs Elysées, Race (jusqu’au 30-3) ; Au Petit Théâtre de Paris, Sunderland (Jusqu'au 30-03) ; Au Théâtre Antoine, Inconnu à cette adresse (jusqu'au 30-03) ; Au Théâtre de l’Atelier, Les Liaisons dangereuses (jusqu'au 30-03) ; Au Théâtre de la Porte Saint-Martin, Le Bourgeois gentilhomme (jusqu'au 27-05) ; Au Théâtre du Petit Saint-Martin, La Promesse de l'Aube (jusqu'au 5-5) ; Au Théâtre Hébértot, La Femme du boulanger (jusqu’au 30-5) 

jeudi 26 janvier 2012

*** Dopo la Battaglia

Dopo la Battaglia@DR

Pippo Delbono est au Rond-Point avec un nouveau spectacle autour de la folie et de l’isolement. Beaucoup moins trash que La Menzogna (précédent spectacle présenté au Rond-Point en 2010), mais tout aussi bouleversant.

Il y en a qui déteste. Moi, j’adore. Difficile d’expliquer pourquoi… 

Hier soir en sortant du théâtre, et comme à chaque fois que je vois un spectacle de Pippo delbono, je me suis replongée dans Récits de juin (I Racconti de Guigno), écrits autobiographiques dans lesquels il raconte son histoire, ses rencontres, ses combats. Et comme à chaque fois, je me suis endormie en me posant cette question : pourquoi Pippo Delbono me fascine-t-il autant ? Pourquoi cet homme me touche-t-il autant ?

Quelques éléments de réponse ce matin au réveil. J’aime sa voix (qu’il parle en italien ou en français, qu’il hurle ou qu’il murmure), j’aime son corps – pourtant pas d’athlète ! - (qu’il court en rond comme un fou sur la scène ou qu’il danse avec gaité et légèreté à la manière de Pina Bausch dans une magnifique scène d’hommage). J’aime son humour (« Ma mère me demande pourquoi je ne fais pas des spectacles plus légers. La prochaine fois, Pippo, je ne viens plus ! »). J’aime sa sincérité, sa générosité, sa violence, ses excès, sa poésie, ses souffrances, son ironie, ses colères, sa fragilité. J’aime son Bobo (ce sourd-muet microcéphale interné pendant 45 ans qu’il a sorti de l’asile pour en faire un de ses acteurs fétiches et à qui, dans une ultime scène de toute beauté, il dédie de ce spectacle.) J’aime Bobo de lui inspirer des spectacles si bouleversants.

 Dopo la Battaglia (1 h50) de Pippo Delbono au Théâtre du Rond-Point. Jusqu’au 29 jan. www.theatredurondpoint.fr

jeudi 12 janvier 2012

*** Inconnu à cette adresse

@ARTCOMART/ Victor Tonelli

Avant Thierry Frémont et Nicolas Vaude (en février), puis Thierry Lhermitte et Patrick Timsit (en mars), ce sont actuellement Gérard Darmon et Dominique Pinon qui prêtent leur voix au magnifique texte de Kressmann Taylor. Formidable !

Inconnu à cette adresse raconte, par le biais de dix-neuf lettres échangées entre le 12 novembre 1932 et le 3 mars 1934, l’histoire de deux amis et associés à l’heure de la montée du nazisme : Martin Schulse (Dominique Pinon) est Allemand et vient de rentrer à Munich après plusieurs années à San Francisco. Max Eisenstein (Gérard Darmon) est Juif, Américain et gère la galerie d’art que lui et Martin ont monté en Californie.

« Qui est cet Adolf Hitler qui semble en voie d’accéder au pouvoir en Allemagne? Ce que je lis sur son compte m’inquiète beaucoup », écrit Max dans leurs premiers échanges. « Franchement, Max, je crois qu’à nombre d’égards Hitler est bon pour l’Allemagne, mais je n’en suis pas sûr (…). L’homme électrise littéralement les foules », lui répond Martin en 1933.

Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de lire ce petit chef-d’œuvre écrit en 1938, je ne dévoilerai pas la teneur et l’évolution de la correspondance de Max et Martin. Je dirai simplement qu’il faut courir au Théâtre Antoine pour écouter Gérard Darmon et Dominique Pinon (dirigés avec finesse par Delphine de Malherbe) lire ces missives tour à tour tendres, chaleureuses, passionnées, absurdes, désespérées, tranchantes, machiavéliques… Tout en justesse et en sobriété, ils subliment le texte de Kressmann Taylor. Bravo !

Inconnu à cette adresse (1h10) de Kressamn Taylor, mise en lecture de Delphine de Maherbe. Au théâtre Antoine jusqu’au 30 mars. www.theatre-antoine.com

mercredi 11 janvier 2012

*** Maison de poupée (Reprise)

@Pascal Victor

Pour interpréter sa Nora, Jean-Louis Martinelli a fait appel à l’une de mes comédiennes préférées, Marina Foïs. Excellente tragédienne, elle magnifie l’issue de la somptueuse pièce d’Ibsen.

Une maison de poupée d’Ibsen est une pièce très régulièrement montée au Théâtre. J’ai eu l’occasion d’en voir plusieurs versions. C’est toujours excitant de voir comment un metteur en scène s’empare du personnage de Nora.

Chez Martinelli, elle est une bourgeoise en escarpins vernis rouge et en petite robe bleue de créateurs. Elle habite dans un grand loft clair. Elle n’est pas un petit oiseau fragile et un peu « fou-fou » mais une femme solide et intelligente chez laquelle on sent toutefois déjà une faille, ou plutôt un manque.

Avec les autres comédiens (tous excellents, d’Alain Fromager (Torvald) à Laurent Grévill (Krogstad) en passant par Grégoire Oestermann (monsieur Rank) et Camille Japy (l’amie Kristine)), Marina Foïs livre une partition d’une grande finesse sur la quête d’une jeune femme à le recherche de son identité. A la fin du spectacle, lorsque Nora quitte mari et enfants pour apprendre à vivre par elle-même, la comédienne nous offre un moment d’une très belle intensité dramatique.

Maison de Poupée (2h10) d’Henrik Ibsen, mise en scène de Jean-Louis Martinelli. Au Théâtre des amandiers, jusqu’au 22 jan. www.nanterre-amandiers.com

mardi 10 janvier 2012

News – Bons plans : le théâtre sans se ruiner

La Dame aux camélias/Castorf/Odéon@Alain Fonteray

Il est dommage de se priver d’une sortie au théâtre à cause du coût trop élevé des places… Voici donc une petite sélection de bonnes adresses pour réserver ses spectacles à petits prix. Théâtre public ou privé, les soldes sont partout !

1er aux premières des Théâtres privés. Cinquante théâtres privés (réunis sous l’enseigne Théâtre Parisiens Associés) proposent à chaque début de saison des réductions allant jusqu’à 50 %. Parmi les nouveautés de janvier à découvrir à prix soldés : La Promesse de l’aube (avec Bruno Abraham-Kremer) au Petit Saint-Martin (18 €) ; Pensées secrètes (avec Isabelle Carré) au Théâtre Montparnasse (à partir de 13 €) ; Race (avec Yvan Attal) à la Comédie des Champs Elysées (à partir de 17 €)… http://www.theatresparisiensassocies.com/pieces-theatre-paris/1er-aux-premieres.html?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_term=hebdomadaire&utm_campaign=premier_premieres

Offres groupées pour le Théâtre public. Le site spectaculaire.com (qui organise chaque septembre la Fête des sorties culturelles) offre désormais toute l’année les plus grandes pièces de la saison (et pour lesquelles on ne trouve généralement pas de réduction) à prix réduits. A réserver en ce moment : Salle d’attente (mise en scène de Krystian Lupa) à la Colline (20 €) ; La Dame aux camélias (mise en scène de Frank Castorf) à l’Odéon (19 €) ; Le Système de Ponzi (de David Lescot) au Théâtre de la ville (14 €) ; Le Grandiloquent Moustache poésie club aux Trois Baudets (10 €) ; Christophe Alévêque au Rond-Point (20 €)... www.spectaculaire.com

Une comédie de dernières minutes. Je ne l’ai pas testé mais sachez que le site 2 heures avant.com propose des réductions intéressantes pour des comédies, des one-man-show ou du café-théâtre à voir le soir même. Exemple des offres proposées aujourd’hui (à réserver avant 16h) : Audrey Vernon – comment épouser un milliardaire au Théâtre du Gymnase (-50 €) ; André le Magnifique au Théâtre Michel (- 54 %) ; Qui aime bien, trahit bien à l’Alambic Comédie (-73%)… www.2heuresavant.com

Et toujours : les kiosques (place de la Madeleine et Gare Montparnasse) qui vendent des places pour le jour même à moitié prix, et les sites www.billetreduc.com, www.webguichet.com, www.ticketac.com qui proposent toute l’année des billets soldés.

lundi 9 janvier 2012

** Sophia Aram - Crise de foi


L'humoriste Sophia Aram, piquante chroniqueuse sur France Inter, reprend à Paris son one-woman-show sur la religion.

"Ce spectacle peut heurter la sensibilité des personnes plaçant leur foi au-dessus de leur sens de l'humour." Voilà comment débute le nouveau spectacle de Sophia Aram. Dans Crise de foi, qui fait suite au réussi Du plomb dans la tête, l'humoriste (connue pour sa récente prise de bec avec Nadine Morano) nous invite à pénétrer dans le monde merveilleux des trois grandes religions monothéistes. Un monde exquis "dans lequel Dieu est le chef de l'homme et l'homme, le chef... de la femme !"

Telle est Sophia Aram. Avec son beau sourire, sa silhouette gracile et son air naïf, elle met les pieds dans le plat et tapote là où ça fait mal. Si on aurait aimé qu'elle se montre parfois plus corrosive, on s'est toutefois régalé avec ses questionnements faussement candides :
"Dieu, dis-moi ce que mangeait Noé pour avoir vécu jusqu'à 960 ans, et surtout comment Jonas a pu rester trois jours dans le ventre d'un poisson ?"

Mais là où Sophia Aram, qui avoue être
"à l'Islam ce que Férréro Rocher est à la diplomatie", nous fait le plus rire, c'est lorsqu'elle campe des personnages aussi excessifs qu'une prêcheuse américaine illuminée ou une présentatrice québécoise d'une émission de télé-réalité (Les Croyants de l'espace) qui ne gère plus ses trois participants (un Juif, un Musulman, un Chrétien). J'ai aussi beaucoup aimé l'ange, à l'accent titi-parisien, qui déprime à cause de la crise des vocations, la mère juive (classique, mais efficace) qui interdit à son fils de trois ans de sourire à une petite "goy"devant l'école ou encore cette femme musulmane qui décide de pratiquer les trois religions en même temps pour être certaine d'être sauvée !

Crise de foi (1h20) de Sophia Aram. Au Palais des Glaces, jusqu'au 14 avr. www.palaisdesglaces.com

vendredi 6 janvier 2012

News – Laurent Lafitte à la Comédie française


La Comédie française n’est décidément plus une honorable institution un peu poussiéreuse… En plus d’une programmation séduisante ces dernières saisons, là voilà qui accueille,comme pensionnaire, un comédien-humoriste qu’on n’attendait pas dans ses murs. Laurent Lafitte (vu au cinéma dans Les Petits Mouchoirs, au théâtre au côté de Zabou Breitman dans Les Gens et seul-en-scène dans son irrésistible Comme son nom l’indique) interprétera, à partir du 19 janvier, un officier à la retraite dans Le Mariage de Gogol. Une nouvelle preuve de la belle ouverture du Français.

Le Mariage (1h45) de Gogol, mise en scène de Lilo Baur. A la Comédie française – Théâtre du Vieux Colombier, du 19 jan. Au 26 fev. www.comedie-francaise.fr